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AluQuébec - Développer la grappe industrielle de l’aluminium du Québec

La filière de l’aluminium constitue une industrie d’importance stratégique pour le Québec. Enfait, l’aluminium représente environ 10 % des exportations québécoises et se classe en deuxième position dans ce segment; le premier exportateur étant l’aéronautique. De plus, la filière aluminium soutient près de 30 000 emplois, dont plusieurs en région, et compte un total de 6 000 établissements au Québec.

L’impact économique de l’aluminium pour l’économie québécoise est donc considérable. Le gouvernement du Québec a d’ailleurs choisi de s’appuyer sur la filière de l’aluminium pour accélérer la croissance économique de la province, maintenir les emplois existants et en créer de nouveaux. Pour ce faire, le gouvernement s’est doté d’une stratégie appelée: la stratégie québécoise de développement de l’aluminium (2015-2025). En se positionnant ainsi, le Québec a fait figure de précurseur, puisqu’il s’agit de la première entité politique à se doter d’une stratégie de développement de l’aluminium.

UNE GRAPPE INDUSTRIELLE POUR S’OUVRIR AUX MARCHÉS
Compte tenu du fait qu’au cours des 20 dernières années, la consommation mondiale d’aluminium a progressé à un rythme de près de 5 % par année en volume et que cette croissance soutenue se maintiendra dans les prochaines années,« l’or gris» du Québec est voué à un avenir prometteur. Toutefois, pour tirer profit des nouveaux marchés qui s’offriront à la filière de l’aluminium dans les années à venir, les entreprises québécoises ont tout intérêt à unir leurs forces.

C’est dans l’optique de créer une grappe industrielle de l’aluminium au Québec que AluQuébec a été créé. Mme Marie Lapointe PDG d’AluQuébec,répond à nos questionssur la grappe industrielle de l’aluminium du Québec.

Q- Qu’est-ce qu’AluQuébec ?
R- Fondé en 2013, AluQuébec regroupe des producteurs,des transformateurs, des équipementiers et des fournisseurs spécialisés,ainsi que des centres de recherche, de développement et de formation autour de projets concrets et structurants, afin d’accroître la 2e, 3e et 4e transformation de l’aluminium. L’objectif de ce regroupement est de doubler la transformation de l’aluminium québécois sur une période de dix ans.

Pour atteindre cet objectif, la Grappe coordonne des chantiers d’affaires qui créent des synergies entre les clients-utilisateurs et les acteurs de l’industrie de l’aluminium actifs sur le territoire québécois. Actuellement,le plan d’action d’AluQuébec est orienté autour de quatre chantiers:
• Matériel de transport
• Équipementiers et fournisseurs spécialisés
• Infrastructures et ouvrages d’art (ponts et passerelles)
• Bâtiments et construction. À noter que ce quatrième chantier sera lancé en septembre 2017.


Q- Pourquoi avoir choisi cesquatre chantiers ?
R- Parce qu’il y a beaucoup d’applications pour l’aluminium dans ces marchés et que ces derniers vont continuer à demander davantage d’aluminium dans les années àvenir. Par exemple, dans les transports, on estime à 4 % la croissance annuelle de la demande en aluminium pour les10 prochaines années. Cette augmentation de la demande est notamment liée à l’allègement desvéhicules pour réduire la consommation en carburant et les émissions de gaz à effet de serre (GES). L’électrification des
transports de masse, qui nécessitera des structures allégées représente aussi des opportunités considérables pour la filière de l’aluminium québécoise.

En ce qui a trait aux bâtiments et à la construction, les applications de l’aluminium sont de plus en plus nombreuses,notamment dans les bâtiments durables. En fait, plusieurs propriétés de l’aluminium s’avèrent fort avantageuses pour répondre aux critères des bâtiments durables. Entre autres, des analyses ont révélé que le cycle de vie de l’aluminium est très avantageux: il ne rouille pas (pas de corrosion), il est sans entretien, sa durée de vie est très longue (jusqu’à 75 ans) et lorsqu’il atteint sa fin de vie utile,on peut recycler le matériel.

AluQuébec veut travailler le chantier des bâtiments et de la construction en axant ses efforts au niveau structurel, de la toiture et des planchers. Ces crénaux constitueront notre principal cheval de bataille.

Q- Quels sont les enjeux pour l’aluminium québécois ?
R- Présentement, il y a trois enjeux majeurs travaillés par AluQuébec via ses différents chantiers.
Premièrement, nous devons identifier les problématiques et les besoins auxquels font face les transformateurs. Par exemple, la rareté de la main-d’œuvrespécialisée.

Deuxièmement,il importe que les acteurs de la filière aluminium du Québec aient une meilleure compréhension des demandes de financement.

Finalement, nous devons faire un exercice de regroupement des besoins d’approvisionnement pour favoriser un approvisionnement au Québec du métal le plus vert au monde, soit l’aluminium québécois. En effet, en utilisant l’aluminium produit dans la province, les entreprises québécoises bénéficient un métal qui a une empreinte de carbone très faible et donc, qui offre les meilleurs résultats environnementaux.

Pour permettre à l’aluminium québécois de surmonter avec succès ces enjeux, AluQuébec travaille de pair avec les entrepreneurs, les organismes et tous les acteurs en lien avec cette filière. Nous sommes d’ailleurs très fiers de participer au prochain salon de la Société de la vallée de l’Aluminium en Affaires 2017, qui aura lieu à l’UQAC, les 23 et 24 mai 2017.

AluQuébec a aussi lancé, en novembre 2016, le Centre d’expertise sur l’aluminium (CeAl), ce qui contribuera à développer une grappe industrielle forte et à mettre en place différents projets en lien avec nos chantiers. Dirigé par M. David Prud’homme, le CeAl est destiné à encourager et faciliter l’usage accru de l’aluminium par les professionnels de la construction, des infrastructures et des transports au Québec. Ce dernier offre, en outre, du soutien technique, de la formation et des services d’aide à la conception.

Q- Le futur est-il prometteur pour l’aluminium ?
R- L’aluminium québécois se positionne très bien pour le futur et son potentiel de développement est considérable. Parmi les entreprises du Québec qui oeuvrent dans cette filière – surtout des entreprises en transport, en construction et des équipementiers – on retrouve de nombreux joueurs à l’échelle mondiale.

Alors qu’on prévoit une augmentation de près de 5 % de la demande en aluminium pour les prochaines années, la croissance organique pour répondre aux besoins du marché constituera un levier remarquable pour atteindre notre objectif de doubler la transformation de l’aluminium québécois sur 10 ans. D’autant plus que nous mettons également en place des projets structurants - basés sur le partenariat, l’innovation et l’investissement -  qui favoriseront l’utilisation de l’aluminium québécois.

 

Source : Le Quotidien édition spéciale "L'aluminium trésor régional" du 10 mai 2017.  Article de la page C10 rédigé par Mélissa Bradette.